Archive for octobre, 2008
03/10/2008
Douces journées d’oisiveté dans un appartement bruxellois prêté pour le week-end. Journées qui vont au rythme de l’incroyable collection de vinyles de bandes originales de films appartenant à notre hôte. Tout y est : les BO de Woody Allen, celles composées par Ennio Morricone, celle de Clockwork Orange, du Clan des Siciliens, de Borsalino, etc. Sans oublier quelques compils d’époque pas piquées des vers.
Heureusement qu’il y a ça, car la soif d’aventure me torture chaque jour un peu plus. En attendant que nous puissions partir en Nouvelle-Zélande, je ne puis que me résoudre à apprécier les bonheurs anodins qui me sont offerts.
J’aurai d’ailleurs l’occasion de profiter à fond de mes dernières semaines en Belgique dans quelques jours, puisque nous avons trouvé un studio à louer à Westende, sur la côte belge directement sur le front de mer, pour 115€ la semaine (2 vélos offerts gracieusement). Super aubaine moins onéreuse que l’hôtel, l’auberge de jeunesse ou la caravane. Westende est pour moi un lieu spécial : c’est là que j’ai passé quelques-unes de mes meilleures vacances lorsque j’étais gamin. Nous y allions passer un week-end ou une quinzaine de jours dans l’appartement d’un couple d’amis, sans oublier de prendre avec nous un de mes camarades de l’époque. Nous faisions ensemble du cuistax, du vélo, nous jouions avec nos voitures téléguidées. Cette période de l’enfance qui est comprise entre 10 et 13 ans est une des plus belles qu’il m’ait été donné de vivre. C’était un âge où je découvrais la liberté de mouvement sans comptes à rendre et où un goût prononcé pour la découverte et l’aventure s’était emparé de moi. Un âge où, en outre, une certaine capacité de compréhension des choses s’empara déjà de moi avant que je ne sois tourmenté par les hormones adolescentes. Un âge également où la camaraderie était extrêmement forte car l’intérêt pour les filles fût encore suffisament modéré que pour ne pas nous obnubiler. Les nouvelles perspectives que nos corps et nos esprits devenus soudainement semi-adultes nous permettaient d’explorer créaient entre nous des liens très forts et une compréhension mutuelle instinctive. Tout en gardant un esprit joueur et enfantin, nous prenions nos vélos et faisions les 400 coups à des dizaines de kilomètres du domicile. Ce fût l’époque de ma vie où je me senti le plus libre, le plus insouciant et le plus heureux. Je crois qu’au fond c’est un peu cette époque que je cherche à reproduire aujourd’hui à travers mes projets de nomadisme.
Westende est en outre une ville balnéaire de taille très modeste, plutôt calme et où on voit le ciel, par opposition à Blankenberge par exemple. Passer mes derniers jours belge à côté de la Mer du Nord, mer dont je suis inconditionnelement amoureux, mer que j’aime par dessus tout en automne et en hiver relève de ce que je pouvais rêver de mieux. Et puis, tant que je suis loin de Bruxelles…
01/10/2008 – deux mois
Deux mois.
Deux mois que j’ai quitté mon appartement et mon travail.
Surtout, deux mois :
- à avoir des journées plus remplies qu’elles ne l’avaient jamais été, et bien sûr remplies d’événements dictés par ma seule volonté (et celle du hasard)
- à bénéficier d’une vie encore plus riche en découvertes que je ne l’avais jamais imaginé possible
- à profiter d’une liberté complète d’emploi du temps, c’est-à-dire d’une absence totale d’autorité suffisament culotée pour me dire quoi faire à chaque instant
- à m’occuper uniquement de moi, de ceux et de ce qui m’importe, laissant de côté le superflu, le bruit du monde et son trop-plein de tout
En somme, mes deux premiers mois de vie depuis mon entrée dans le monde du travail.